Victoire citoyenne contre le plus grand chalutier pélagique du monde
Un symbole des dérives de la pêche industrielle
Pour Pleine Mer, l’« Annelies Ilena » incarne la folie du gigantisme industriel. Ce navire-usine de 145 mètres, capable de capturer 400 tonnes de poissons par jour et de stocker 7 000 tonnes, met en péril l’océan et les moyens de subsistance des pêcheurs artisans. Ces derniers, pourtant, offrent les meilleures performances sociales, économiques et environnementales.
Un projet déconnecté des réalités locales
Le chalutier est si imposant qu’il ne peut même pas accoster à Saint-Malo. Le merlan bleu qu’il pêche au large de l’Atlantique Nord est transformé directement à bord en pâte de surimi, débarqué aux Pays-Bas, puis transporté en camions jusqu’en Bretagne. Ce circuit illustre une logique industrielle mondialisée, éloignée des territoires et des communautés de pêcheurs.
Un passé controversé
L’histoire de ce navire est marquée par des pratiques douteuses :
- En Mauritanie, il a siphonné les populations de poissons sans bénéfice pour les communautés locales.
- En 2015, son capitaine a été condamné pour « écrémage », une pratique illégale consistant à rejeter les espèces jugées moins rentables.
- Plus récemment, il a été repéré en activité dans des zones marines protégées au nord de l’Écosse.
La question des quotas
Au-delà de l’impact écologique, Pleine Mer dénonce le système de quotas :
- Le transfert des quotas de pêche du Joseph Roty II vers l’Annelies Ilena pose problème, parce que ce nouveau navire est juridiquement polonais. On ne sait pas comment il pourrait utiliser des quotas qui sont censés être réservés à la France.
- La taille du navire implique des besoins en quotas plus importants, risquant d’affecter les pêcheurs artisans d’autres espèces.
- Le fait que la gestion des quotas soit assurée par le directeur de la Compagnie des Pêches de Saint-Malo, également président du groupement From Nord, révèle un conflit d’intérêts flagrant.
La position de Pleine Mer
L’association demande l’annulation du transfert et une refonte du système d’attribution des quotas. Ceux-ci devraient être distribués selon des critères sociaux et environnementaux, favorisant les pêcheurs artisans qui garantissent une pêche durable et respectueuse des écosystèmes.
Pleine Mer poursuit son travail de sensibilisation, notamment à travers les médias. Son porte-parole, Charles Braine, intervient dans le dernier épisode de l’émission Sur le Front, consacré aux impacts de la pêche industrielle. Le reportage met en lumière les enjeux liés à l’effondrement des ressources et à la nécessaire transition vers une pêche durable.